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![]() Mélas 28400 St Jean Pierre Fixte |
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Autour de la pensée ronde
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"Il me faut dire avant toute chose que le fait de parler de ma peinture m’est presque un paradoxe, un numéro d’illusionniste ou d’équilibriste bien difficile en somme. Je crois que ce qui importe dans l’art, c’est l’authenticité, ce ray de lumière qui conduit au sensible. Pourquoi peindre ? Je ne saurais vraiment pas dire ce qui m’a précisément poussé vers l’art. C’est, je pense, une addition de beaucoup de choses, et en somme l’ « ailleurs » qu’il représentait pour moi. Il s’agit en fait d’une inclination relativement mystérieuse. On y cherche quelque chose un espace de liberté, d’amour et d’authenticité, et aussi peut-être tout simplement soi-même. Il me semble bien que la peinture est une quête, quelque soit l’objet de celle-ci. Il m’apparaît que beaucoup de gens assènent des vérités sur l’art, ce qu’il est, ce qu’il doit être, que nombre d’entre eux l’enferme dans des normes, des conventions toutes faites. Et à bien y réfléchir ce ne sont pas tant les pratiques plastiques qui sont concernées par ce bavardage mais l’artiste même, ce qu’il doit être. Comme si il était honteux d’être simplement plasticien et qu’il faille à tout prix intellectualiser son œuvre pour être crédible aux yeux de certains. Soit. Que cela me soit une implicite obligation me dérange il me faut bien l’avouer. S’il vous plaît laissons à l’artiste le choix du silence ! Pour moi la peinture est avant tout un chemin dont on ne sait où il mène. On y fait des découvertes, des rencontres, des expériences, et c’est là une grande richesse. La peinture a permis à la grande introvertie que je suis, de mettre en forme l’indicible, l’ineffable. Aussi m’est-il difficile de parler d’elle. Elle est pour moi elle-même langage. J’aimerais qu’elle se suffise à elle-même, qu’elle ne soit pas le support d’une théorisation excessive et nuisible à mon sens à l’œuvre. Matisse ne disait-il pas à ses élèves que pour peindre il fallait commencer par se couper la langue ? Je me suis coupée la langue très tôt. Cela remonte à l’enfance. Je me suis tu pour écouter, entendre le murmure du monde. Je lis beaucoup et j’écris aussi. Je me suis tu pour voir et imaginer. Je dessine et je peins. Je rêve aussi. Beaucoup. J’aime entrer dans la solitude par ces portes de silence. Pourquoi cela ? Si je le savais vraiment je crois que cela ne serait pas…Je veux dire que je ne serais pas celle que je suis, ma peinture serait différente ou ne serait pas d’ailleurs. Je serais autrement. Une autre. Peut-être. La quête de l’accès à un absolu est-elle une trame, un fil conducteur ? Peut-être en effet, l’art m’offre-t-il un questionnement sans cesse renouvelé. L’art ne m’apporte pas véritablement de réponse mais il est pour moi un liant de l’être émietté. Il rassemble et contient, c’est presque un corps, une seconde peau, un prolongement de soi. Peut-être même une incarnation plus vraie, plus authentique de ce que l’on est, comparé à ce que l’on donne à voir dans la vie ordinairement. Animée par la mélancolie et l’ambivalence de l’être, je souhaite que ma peinture mène au sensible et suscite chez celui qui la regarde une résonance avec sa propre intériorité : l’indicible qui vit en chacun de nous." |
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